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MES PROCHES SONT-ILS ALLERGIQUES A MON BLOG OU MON BLOG EST-IL ALLERGIQUE A MES PROCHES ?

Ce matin, chaleur oblige, j’ai besoin d’une bonne dosette de fraîcheur et de nouveauté, comme un glaçon que l’on glisse dans sa bouche en pleine canicule pour se sentir revivre. C’est pourquoi Ceucidit et moi-même allons tester (sous vos yeux ébahis…non, je n’en fais pas trop, je crois simplement en ce billet hors-normes) un concept directement importé de chez Vanina Delobelle et Henri Kaufman : le post-crossing. Ou le croisé de deux opinions sur un même thème, publié simultanément sur deux blogs. Expérience éprouvée par nos prédécesseurs, que nous avons déclinée, en y ajoutant nos ingrédients secrets, afin de personnaliser cette sauce nouvelle génération. Ceucidit a en effet eu l’idée (brillante) d’utiliser un jeu de questions/réponses où l’emploi de la première personne du singulier est recommandé (attention, vos hôtes, de nature plutôt réservée, ont mouillé leurs chemises, j’espère que vous apprécierez !).

3617448782Je me suis souvent demandé pourquoi Berta, la bonne copine qui joue le rôle de confesseur depuis le lycée sans porter officiellement le col blanc, ou pourquoi Tonton Marius, l’oncle du soleil qui vous fait systématiquement écouter le chant des cigales à chaque appel téléphonique, commentaient rarement (voire jamais) sur les blogs de tout à chacun. Le lectorat d’un blogger (même quand il s’agit de confessions intimes) est plus souvent composé d’espèces de même catégorie, amicalement nommés des « ami-nonymes », que de proches du metteur en scène et scénariste exclusif de ce blog. Alors à ce constat, je lance tout bonnement un énorme : « Pourquoi ? ». Les amis et membres de la famille sont-ils tenus volontairement à l’écart de cette petite boite à trésors que représente un carnet virtuel ? Ou alors n’osent-il pas rentrer pour laisser un tendre « bisous et à très vite » sur la porte du frigo ?

Parcourez plutôt les réponses de vos deux compères : version homme vs version femme, avec comme point commun une certaine retenue et discrétion pour faire pénétrer les êtres aimés dans nos petits univers « blogesques ».

Est-ce que vos proches connaissent vos secondes identités virtuelles ou est-ce un côté docteur Jekill que vous ne souhaitez pas leur dévoiler? 

>C: Oui, mes proches connaissent mon blog, mais depuis peu. En fait je me suis longtemps posé la question et un jour je ne sais pas pourquoi, j’ai dévoilé ce secret.

>E: Tous me proches savent que j’ai une seconde peau de bloggeuse, mais mes parents ne connaissent pas l’adresse de mon chez-moi virtuel et je leur interdis formellement d’oser taper mon nom dans Google pour pouvoir la dénicher. Je refuse tout simplement qu’ils pénètrent dans mon petit monde du Net, sans que je les y ai invité avec un faire-part officiel…que je ne suis pas prête de leur envoyer d’ailleurs ! Je préfère de loin être lu, commenté, par des « ami-nonymes » : ces bloggers de l’extrême qui osent sonner fréquemment à la porte, s’installer dans des fauteuils qu’ils connaissent bien et participer au dialogue en cours.

Pourquoi cette pudeur de départ? Y avait-il une crainte insoupçonnée?

>C: C'est-à-dire que cela fait partit de ma personnalité. J’ai toujours été très discret sur ma vie avec ma famille et les gens qui m’entourent. Cela doit être de  la pudeur je pense et chez moi il faut avouer qu’elle est très développée, et ça je ne saurais pas l’expliquer. Je n’ai pas forcément de chose à cacher mais c’est comme ça, c’est moi !

>E: Question de réserve, de retenue, de pudeur, mêlée à une peur irraisonnée d’être quelque part jugée par mes parents, qui me connaissent sans me connaître, car leur amour sans borne a lissé certains de mes défauts. Croyez-vous qu’une mère qui voit encore sa fille unique de 25 ans comme un bébé en grenouillère réagirait bien en lisant une petite dissertation sur « si j’étais un mâle, je me la jouerais belle gueule et ami des aspirateurs » ? ;) Je pense que je craindrais tout bonnement de briser la belle image qu’ils ont de moi et parallèlement de les décevoir.

Comment leur as-tu annoncé que tu n'étais plus seulement lecteur du Net mais bel et bien acteur en tenant régulièrement 2 blogs?

>C: Alors tout simplement en visite chez mes parents, alors que je jetais un œil à mon blog et mes stats, ma mère est entrée dans la pièce ou se trouve le pc et je l’ai interpellé pour lui dire que j’avais quelque chose à lui montré. A partir de là, l’info a été vite diffusée dans le restant de la famille… Je crois qu’en fait j’avais envie de leur montrer et en même temps j’ai douté d’avoir bien fait, mais plus maintenant.

Le  deuxième blog n’existait pas encore et en découvrant mon blog elle a également découvert que je passais pas mal de temps sur les blogs en général! Le second « Onyva » mériterait d’ailleurs que j’y passe plus de temps L

>E: J’ai démarré mon blog avec l’objectif d’ajouter un plus à mes candidatures. Quand je leur ai parlé de la naissance de mon blog, mes amis l’ont donc assimilé à un outil de recherche supplémentaire, au même titre qu’une lettre de motivation, sans y prêter une réelle attention. Hormis quelques-uns bien sûr qui sont intéressés par les thèmes marketing que je traite ou ai pu traiter !

Vous lisent-ils régulièrement? Commentent-ils? Quelles sont leurs réactions?

>C: Ma mère y jette un œil pratiquement tous les jours, mon père et mon frère moins je pense. Non ils ne commentent pas. En fait les commentaires se font au téléphone quand il y en a. Leurs réactions ont été bonnes. Ils ont été surpris que ce soit moi qui ai fait ça, qui écrive ces choses là. Ils ont découvert peut-être un aspect de ma personnalité qu’ils ne connaissaient pas. En même temps il parait que l’on me reconnait bien malgré tout au travers de mes postes et de mes commentaires. Surement grâce à mon humour extra méga génial… J

>E: Quelques uns me lisent régulièrement, mais ils n’osent pas commenter. Je pense qu’ils ont peur de faire intrusion dans ce lectorat désormais bien construit (qui se permet des références plus personnelles, des « private jokes » peut-être difficilement compréhensible pour les non-avertis). Pourtant ils le savent : mon blog est ouvert, n’attend qu’eux. Pour en avoir parlé avec certains, je sais qu’ils me retrouvent dans ma manière d’écrire, dans mes réflexions (surtout les petites pics que je glisse parfois avec délectation). Ma meilleure amie (qui est la plus fervente supportrice de ce blog, même si son emploi du temps la contraint à ne pas me lire aussi régulièrement qu’elle le souhaiterait) arrive même à détecter mon état d’esprit à travers quelques lignes couchées sur le Net (non elle n’est pas extra-terrestre mais bien humaine, je vous rassure !). ^_^

A travers tes blogs, découvrent-ils de nouvelles facettes de toi? Peut-être même des traits de caractères, des passions insoupçonnées?

>C: Oui tout à fait car sur mon blog, je n’ai pas de thème particulier et je commente des sujets divers et variés que je n’aborderais pas forcément avec eux (Miss Tic est un bon exemple). Et puis j’essaye de soigner un peu ma façon d’écrire, le style, l’hortauggraffe… :) C’est surtout cela qui a surpris mes parents, ma façon d’écrire et de développer mes sujets.

>E: Nouvelles facettes de ma personnalité ? Je ne pense pas…mes amis connaissent déjà mes qualités comme mes intrusifs défauts (oui, je le reconnais, le terme défauts se doit d’être au pluriel dans mon cas !), donc pas de découvertes majeures pour eux. Par contre, ils m’ont déjà dit que le blogging m’a curieusement permis de devenir plus sociable, moins réservée…je croyais pourtant qu’en me cachant derrière les mots, j’aurais un rempart massif, mais au contraire je me mets bien plus souvent à découvert que dans la « vraie » vie face à de « vrais gens ».

De manière moins personnelle, comment expliquez-vous que la masse des commentateurs chez bon nombre de bloggeurs soit d'autres bloggeurs et pas des amis et des membres du cercle familial ? Qu'est-ce qui les retient à intervenir selon toi?

>C: Je pense en fait que la bloggobulle est malgré ce que l’on en dit, encore peu fréquenté par la plupart des gens ou alors d’une manière très restreinte. Beaucoup pense qu’il ne s’agit que de journaux intimes et que de ce fait n’ont pas grand intérêt. Ils n’ont également pas tous perçu les avantages du blog par rapport à un site web classique. De ce fait les bloggeurs commentent majoritairement entre eux et créent leurs propres réseaux en fonction de leurs affinités, passions ect ! Ma famille voit mon blog comme d’une lucarne, observe et préfère réagir directement avec moi. Pour que mes amis interviennent, il faudrait qu’ils soient au courant de mon blog… 

>E: D’accord avec Ceucidit sur le fait que le grand public colle une image « intime » à tous les blogs : un a priori qui perdure malgré l’expression Web 2.0, très tendance et lourdement utilisée ces derniers temps. Ne comptent alors que les connaisseurs, c’est-à-dire les bloggers, pour butiner, picorer, commenter, s’égarer sur la blogosphère. Puis le cercle de lecteurs fidèles se crée, les liens se dessinent, et pour la bonne copine égarée ou le tonton un peu dépassé par le langage web et tous l’apanage du blogger (smileys, tournures typiques, codes, rites…) le décalage est trop impressionnant et l’adaptation effraie. J’image par exemple le grand-père, fier de son petit-fils qui écrit avec une plume agréable, une argumentation structurée et une orthographe à faire pâlir bon nombre de d’jeuns, et qui souhaite simplement lui dire « bravo, fiston ! ». Il risque de se retrouver face à son écran, tout intimidé, en poussant un craintif « Pardon de déranger…heu…est-ce que je peux parler à mon grand gamin pour lui dire que son papy est fier de lui ? ». Il réfléchit et, désappointé, il risque de prendre la poudre d’escampette et se précipiter sur le téléphone pour le lui dire de vive voix. Bref, je crois que, sauf exception d’amis ou de membres de la famille également touchés par le syndrôme du blogging, l’acclimatation est trop rude et l’addiction trop difficilement compréhensible…ce qui limitent inévitablement le nombre de commentaires catégorie « famille et amis ».

Et vous, quand est-il de votre côté : vous êtes le blogger exubérant qui prévient jusqu’à sa grand-tante quand un nouveau billet est publié ou plutôt le blogger réservé qui cultive son jardin secret virtuel en toute solitude ? J’attends vos réactions et vous invite également à vous rendre sur le site de Ceucidit pour confronter les points de vue.

ME-WE GENERATION ET PAS OUI-OUI GENERATION

Images_2_1Je suis née au début des années 80, j’ai rapidement fait ami-ami avec deux écrans, nommés télé et PC, qui m’ont ouvert les portes du Monde, avec le M majuscule de l’international. Je fais partie de la génération Y, des Millenials, des velos, des écho boomers, des Moi-Nous ou des MeWe si l’on exploite à son sommet le franglais : langue d’usage courante pour cette fameuse classe des 15-33 ans, à laquelle j’appartiens, et qui arrive assurée, avec le terme « réseau » comme cheval de bataille, pour remplacer les désormais papy-boomers, qui pensent déjà retraite ensoleillée au Maroc ou pêche méditative au bord d’une rivière isolée.

Déstabilisante pour les recruteurs et les employeurs, notre génération bouleverse les règles établies et prône le changement. De quoi exaspérer les traditionnalistes, qui clament l’impolitesse et le manque de respect de ces « d’jeuns », mais de quoi ravir les plus visionnaires, qui entrevoient déjà un passage de flambeau plein de promesses et de positivisme entre les baby et les écho boomers. Pour mieux cerner et comprendre ma propre tribu (car même un Y peut s’y perdre), j’ai établi un tableau récapitulatif, reprenant les atouts et les faiblesses des Moi-Nous (extraits de mon expérience personnelle et de divers liens piochés sur le Web, que vous pouvez consulter en fin de billet), qui viennent de franchir ou franchiront dans les années à venir les portes du marché de l’emploi :

LES « RESSOURCES » DES MOI-NOUS

LES « TRAVERS » DES MOI-NOUS

- Le travail d’équipe les stimule

- Ils pensent communauté et non pas individualisme

- Ils ont besoin de donner et de recevoir

- Les structures hiérarchiques classiques et trop rigides ne leur correspondent pas : ils aiment le statut horizontal et parler d’égal à égal

- Ils sont plus instruits et curieux que les générations précédentes

- Ils sont très pointus en termes de nouvelles technologies et apprécient le dynamisme qui y est associé

- Ils sont gourmands et demandeurs

- Ils sont ouverts à la diversité, à la confrontation d’idées pour avancer : ils pensent au pluriel

- Ils sont zappeurs, « consommateurs d’expérience », souhaitent tout essayer

- Ils vivent dans l’immédiat : leur mode de vie se veut rapide et mouvant

- Ils veulent évoluer professionnellement rapidement

- Ils n’acceptent pas de sacrifier leur vie privée pour leur carrière

- Ils attendent de bonnes conditions de travail : souplesse des horaires, possibilité de travailler à temps partiel, de prendre un congé sabbatique, formation…

- Ils sont sûrs d’eux

- Ils sont pragmatiques et prennent en compte la notion de compétence et non pas d’ancienneté

- Ils ont besoin de la reconnaissance de leurs supérieurs

- Ils ont été trop cajolés et maternés, ce qui entraîne une forme d’impolitesse, d’égocentrisme, d’irresponsabilité et un manque de respect

- Ils sont loyaux envers leurs collègues

- Ils ne sont pas loyaux envers leur entreprise et ne pensent plus « un poste = une vie »

- Ils glorifient la liberté d’expression

- Ils manquent d’engagement politique

Attributes_3Les caractéristiques décrites dans ce tableau ne sont bien évidemment pas applicables à tous les Moi-Nous (je ne me reconnais pas dans tous les points exposés, rassurez-vous), certains adjectifs et descriptifs sont trop stéréotypés à mon goût (messieurs et mesdames les recruteurs, tous les écho boomers n’arrivent pas systématiquement en retard à un rendez-vous par exemple !), mais je crois définitivement que le mode opérant commun à notre génération est le changement. Edward Winter, du groupe U30, l’a bien déclaré : « Voyez la comme un petit groupe tranquille qui s’apprête à tout changer ». Attention, ça va faire mal…enfin dans une certaine mesure, car vous avez pu remarquer que les contradictions sont nombreuses. Génération du changement, certes, et aussi génération du « mais ». Ils souhaitent réussir promptement et s’épanouir professionnellement, MAIS ils ont bien l’intention de donner la part belle à leur vie personnelle. Ils sont confiants et autonomes dès leur début de carrière, MAIS ils ont besoin de validation et d’approbation de la part de leurs supérieurs. Une série de paradoxes et d’incohérences née d’une éducation et d’un environnement socio-éco-culturel, que l’on peut résumer par la tendance ESPOIR d’Alain Lévesque :

  • E conomie : ils sont nés en période de récession, de restructurations et sont donc méfiants face aux institutions
  • S ocialisation : ils restent dans le cocon familial plus longtemps et créent des liens sociaux via le Web ou au cours de voyages dans le monde d’entier
  • P ondération : ils souhaitent une vie équilibrée entre les trois branches travail/famille/loisirs
  • O rphelin : ils sont issus de famille monoparentale ou recomposée et ont donc gagné en autonomie malgré une tendance à être trop gâtée (syndrome de l’enfant roi)
  • I nformation : Ils sont curieux, aiment apprendre, partager leur expérience et vivent sans complexe avec la richesse proposée par tous les canaux de communication (télévision, Internet…)
  • R apidité : Ils sont mouvants et apprécient que le retour sur action soit rapide

Images_3Vous qui êtes nés entre 1974 et 1992, vous reconnaissez-vous dans ce portrait ? Avez-vous un sentiment d’appartenance à cette tribu ? Et vous, membres de la génération X, trouvez-vous qu’il existe vraiment un fossé entre votre vision du marché de l’emploi et celle des écho boomers ? Pensez-vous que les Y vont vraiment tout révolutionner dans le monde professionnel ?

Pour en savoir plus, vous pouvez cliquer sur :

LES BLOGGERS DE L’EXTREME : FUTURS NO-LIFE ?

Densha1Hasard ou coïncidence, le terme « no-life » ne cesse de s’insinuer dans ma vie ces derniers jours. Il se glisse dans un débat de Jean-Luc Delarue (malgré ses récents esclandres aériens, j’apprécie tout de même que mes secondes parties de soirée télévisées se transforment en tables rondes arbitrées par ce « faux gendre idéal »), dans mes lectures (« Densha Otoko », un shonen de Hara Hidenori, dont mes impressions post-découverte sont consultables ici) ou dans mes conversations blogosphériques (conséquence du dernier et excellent post de Juliette : « L’œil de la ménagère : la blogosphère, un nouveau Loft ? »).

Le no-life, même si on applique généralement ce terme à des « drogués » de jeux de rôle ou de jeux en réseau, désigne un addict, un accro, qui se retrouve prisonnier de sa passion. Passion qui se transforme en activité « bouffe-temps » et surtout en activité « bouffe-vie », car exclusive et corollairement désocialisante.  Mais le blogging est un hobby chronophage également…alors, il m’est venu en tête une idée saugrenue : le blogger de l’extrême, le scotché à son PC qui rédige plus vite que son ombre et traque avec zèle les nouveaux visiteurs, peut-il devenir un no-life, ou tout du moins, subir avec pénibilité certaines conséquences qui découlent de ce mal virtuel ?

                                           No_life

Je vais donc vous tracer le portrait d’un « extrem blogger » (aux angles volontairement grossis et quelque peu stéréotypés pour tenter d’ironiser tout en invitant à la réflexion) :

Son premier geste matinal n’est ni d’embrasser son conjoint qui s’éveille amèrement à ses côtés, ni de déclencher la cafetière pour tremper ses tartines à la confiture dans un petit noir frais du jour (d’ailleurs le mot « manger » semble s’être enfui de son vocabulaire), mais bien d’allumer son ami le plus cher, son fidèle et loyal destrier, j’ai nommé…son PC. Ses paupières encore alourdies par une dose insuffisante de sommeil (et oui, la veille au soir, ses promenades nocturnes dans le monde sans fin de la blogosphère l’ont conduit à ne poser sa tête sur l’oreiller qu’à 3 heures du matin), il scrute son Netvibes. A la simple vue de cette page d’accueil, son œil s’éclaire et sa pupille se dilate, sous l’effet hypnotique d’une boite mail débordant de messages de ses lecteurs assidus et de flux RSS qui indiquent une arrivée massive de nouveaux posts non lus. Entre la rédaction de billets pour son propre carnet virtuel, les commentaires laissés aux grès de ses pérégrinations (et sont également pris en compte les bavardages tout à fait intéressés qu’il glisse de ci de là chez les barons du Net pour augmenter son capital sympathie), le contrôle de ses statistiques et du jargon pimenté (voire scabreux) de Monsieur Google qui lui a ainsi permis de capturer dans ses filets de nouveaux visiteurs,  les widgets et autres gadgets nécessaires à son rang de « blogger tendance », les heures défilent sans qu’il n’ait levé un instant le nez de son précieux ordinateur. Sur son répondeur, sur son profil de messagerie instantanée, une seul formule : « Ne pas déranger, je bloggue ! » et l’on pourrait rajouter « Je ne peux pas décrocher, désolé ! ».

Alors bien sûr, cette pathologie n’est pas sans conséquence sur sa santé physique, mentale et sur sa vie sociale, qui se retrouve quasiment réduite au néant (puisque ses amis de la « real life » ont été remplacés par des pseudos, des anonymes, qu’il juge plus présents, disponibles que ces anciens compagnons de route). Son entourage proche s’évertuera à le nommer encore par son prénom de naissance, alors que son oreille ne réagit plus qu’à son surnom virtuel. Car oui, d’une certaine manière, le blogging l’a fait renaître. Hormis un avatar et un pseudonyme, le blogger n’est en rien obligé de dévoiler les aspects (qu’il juge) insignifiants et quelconques dans son existence, il peut redémarrer à zéro, s’inventer une nouvelle peau, devenir l’extraverti de la blogosphère alors qu’une timidité ravageuse lui sape ses rentrées scolaires depuis son plus jeune âge. L’extérieur (comprenez toute parcelle éloignée de plus d’un mètre de son PC) lui semble un univers inintéressant. La cuisine, la salle de bain deviennent des pièces bannies, car le détournant de son unique passion : son blog. Son hygiène de vie est alors mise en péril, avec une douche quotidienne devenue hebdomadaire et des repas déséquilibrés, pris de manière négligés, devant cet écran ensorcelant. «  L’extrem blogger » souffre généralement d’un manque de confiance ou d’une image plutôt négative de lui ou de son évolution dans la « real life ». C’est pourquoi, dans cet univers virtuel, il va tenter de compter parmi les « influenceurs », le gratin de la blogosphère, pour être respecté et obtenir une véritable reconnaissance qu’il ne possède pas (ou plus) dans notre société. Car même si ses amis disparaissent progressivement, dans cette seconde vie virtuelle, la notion de groupe ne lui est pas pour autant inconnue. Il est rattaché à une communauté: groupe des cuistots en ligne, clan des blogs girly, phratrie des blogemplois…Alors, oui, il crée des liens, le coupant de cet isolement malsain, mais ces liens restent virtuels et donc quelque part trop artificiels.

Chat_blogJe vais stopper là mon portrait (assez explicite), être raisonnable et ne pas pousser « l’extrem blogger » à son paroxysme. Paroxysme qui irait jusqu’à l’image d’un hikikomori, le no-life japonais, qui cumule les ordures dans sa chambre (ses quelques sorties étant devenues mensuelles) et dont la « non-vie » est considérée au pays du soleil levant comme « une alternative au suicide ». Restons plutôt occidental, en limitant la démesure. Croyez-vous que cette description (que j’ai volontairement tournée en dérision) peut s’avérer inquiétante ? Le blogging peut-il remplacer les jeux en réseau, de type WarCraft, dans cette descente aux enfers que représente la no-life ? Sous des aspects extérieurs de partage, de solidarité et d’appel au débat, le blogging cache-t-il une face plus sombre, un côté obscure, néfaste, nocif et polluant ?

Nolifetv_logo Pour conclure, je tenais juste à vous signaler la naissance le 18 mars prochain de la chaîne « Nolife », dont le slogan est quelque peu dérangeant : « Y a pas que la vraie vie dans la vie »…je vous laisse seul juge.

LE POUVOIR PEUT-IL BRÛLER LES AILES DES ASSISTANTS ?

2152323694L'assistante (avec une tendance naturelle à féminiser cette fonction, allez savoir pourquoi...une femme serait-elle la seule capable de jouer ce rôle multi-fonctions à merveille ?! ;)) ne détient certes pas les mêmes pouvoirs suprêmes que son chef (notez là encore que le masculin paraît plus spontané !), mais endosse tout de même des casquettes responsabilisantes. Outre les missions classiques liées à son domaine d'activité, elle est à la fois:

  • Styliste...pour responsable en prise au doute: "Dîtes Martine, vous croyez qu'il vaut mieux la cravate bleue ou celle avec des losanges pour mon rendez-vous avec les clients chinois ?"
  • Spongex consolatrice...celle qui imbibe (plus vite que sa consoeur amie des hérissons ;)) les pleurs, bobos et bleus à l'âme de tout le service grâce à sa grande capacité d'absorption.
  • Bill Gates...qui sait jouer du clavier, tel Mozart devant un piano, et qui manie les formules Excel avec brio pour dépanner les collègues qui patogent, plus qu'ils ne nagent, dans cet océan de (, SOMME, +, =,*...j'en passe et des meilleurs.
  • Mac Gyver...qui, avec un simple trombone, est capable d'ouvrir une armoire récalcitrante ou de vaincre par KO une scotcheuse caractérielle qui refuse d'expédier des colis à l'étranger.

Un listing rempli de second dégré (vous l'aurez bien remarqué) et de vécu (EmilieG a, elle aussi, été l'une de ses "petites soeurs des pauvres", à l'esprit scout, qui "répondent toujours prêtes" quand il s'agit de seconder, de guider, d'aiguiller, d'épauler, d'aider...;)), qui m'a été inspiré par un mail de Prometis, Euma et la Cegos, me demandant de participer à leur grande enquête nationale sur "Les assistant(e)s et le pouvoir".

                               Bandeau

Cette hostilité entre les notions d'assistanat et de pouvoir me semble être l'occasion d'un beau débat. Je vous invite donc à répondre (vous, bloggers, et vous, simples badauds du Net) à ces quelques questions, en laissant votre patte en commentaire : Toutes ces facettes liées à son statut confèrent-elles à l'assistante un certain pouvoir ? Si oui, lequel ou lesquels ? Est-elle une "Influenceuse" (terme à la mode dans l'univers de la blogosphère) ? Est-il d'ailleurs souhaitable d'avoir un pouvoir, quelqu'il soit, en tant qu'assistante ? Ou au contraire, la notion de pouvoir vous paraît-elle en opposition, voire en contradiction totale, avec le rôle même de l'assistante ?

2515581886Petit plus pour les ex ou actuelles Spongex et autres Mac Gyver : si vous souhaitez apporter votre témoignage, vous pouvez cliquer ici pour répondre à l'étude sur "Les assistant(e)s et le pouvoir", dont les résultats seront publiés à l'occasion du Salon Assist'Expo 2007.

JOB-POLL : BAROUDEUR INTREPIDE OU AVENTURIER PONDERE, QUEL EXPATRIE SERIEZ-VOUS ?

L’expatriation est aujourd’hui monnaie courante, comme le prouve le dernier dossier du Journal du Management. 1.253.229 Français ont élu domicile dans une contrée étrangère en 2004. Nous sommes ainsi devenus, avec nos voisins Allemands, les pantouflards Européens les plus téméraires, qui n’hésitent plus à quitter leurs douillettes charentaises nationales pour d’incommodantes chaussures de randonnée. Besoin de rompre le quotidien, envie d’enrichir son CV d’une expérience à l’international, volonté de s’ouvrir à de nouvelles cultures…autant de raisons qui motivent les Français à élire domicile hors de nos frontières. Mais les risque-tout peu préparés ou irréfléchis pourraient bien s’y brûler les ailes et vivre une période d’«expatriation blues» plutôt amer. C’est pourquoi la moitié des expatriés émigrent vers l’Europe Occidentale, des destinations limitrophes, culturellement et kilométriquement parlant.

 

Mais vous, quel serait votre lieu de destination favori si vous décidiez de vous expatrier ? Pays émergents aux rémunérations élévées ou nations avoisinantes aux rites analogues ? Je vous invite à répondre à ces questions grâce à ce second job-poll (juste ci-dessous) et vous encourage à argumenter vos clics d’un commentaire accompagnateur, afin de mieux cerner les raisons qui feraient de vous un globe-trotter aux destinations extrêmes ou bien un aventurier à l’exotisme modéré. Tout comme lors de la première édition, je vous présenterai bien évidemment un compte-rendu approfondi de ce sondage au cours d’une prochaine blog-note. A vos souris pour un dépaysement garanti !

COLOR ATTITUDE

CouleurLes couleurs qui jalonnent notre vie n’ont rien d’innocent. Inconsciemment, nous inclinons vers certaines teintes et notre éducation vient en complément leur associer des croyances personnelles. Une combinaison « nature humaine + développement personnel » qui nous octroie une palette de nuances fétiches, qui pour ma part s’étend du bleu au noir en passant par quelques pigments violacés. En effet, ces sensations visuelles que produisent la lumière atteignent notre œil de la même manière, mais n’évoquent pas des sentiments similaires chez chacun de nous.

C’est pourquoi je me suis penchée, avec un certain intérêt, sur le site testcouleurs.com, qui décrypte le langage de nos coloris phares, afin d’évaluer notre personnalité, notre état d’esprit présent, nos orientations futures et la compatibilité avec notre moitié. Loin d’être un exercice en provenance directe de « Biba » ou autres magazines adolescents aux affirmations hasardeuses, ce test peut « générer peut générer plus de 3 millions de réponses différentes rédigées par un moteur d'intelligence artificielle. Les règles symboliques sont conformes aux topiques Freudiennes et à la typologie de C.G. Jung et elles ont été validées avec un ensemble de 800 personnes et par plus de 800000 tests en ligne ». Bonus pour les plus fureteurs et demandeurs de données, la possibilité de devenir membre amical, gratuitement et sans engagement, afin d’accéder à des résultats plus complets.

Commençant à connaître les fidèles lecteurs qui suivent Market Stories et leur goût pour les tests psychologiques et émotionnels, je suis sûre que vous cliquerez avec une curiosité vigoureuse sur ces questionnaires, qui vous en feront voir de toutes les couleurs, croyez-moi. Et pour ne pas faillir à la grande tradition du dialogue blogosphérique, j’attends vos avis, vos ressentis et vos résultats (rien que ça !) en commentaire. En guise de conclusion, je vous livre cette esquisse de mon état d’esprit du moment (très « dream in blue ») :

Votre sentiment général:

Vous savez vous appuyer aujourd'hui sur votre sensibilité naturelle, et votre bonne intelligence émotionnelle. Vous êtes également capable de tendresse et d'ouverture aux autres. Cette sensibilité s'exprime également en ce moment pleinement dans votre dimension spirituelle et/ou artistique, ainsi que dans votre sens des valeurs.

Votre orientation:

Vous exprimez pour votre futur une petite période de moindre confiance en vous, ou envers d'autres personnes, qui va vous entraîner à une exigence de perfection envers vous même et les autres. Cette période sera néanmoins de très courte durée, et elle sera aussi marquée par une certaine augmentation de vos analyses.

Votre point fort:

Votre grande qualité du moment est l'écoute que vous savez apporter à chacun. Vous savez faire preuve d'une grande intelligence émotionnelle, vous savez regarder et exprimer vos émotions, mais vous savez aussi vous mettre à la portée des autres et leur apporter le dialogue dont ils ont besoin. Vous savez être juste, alors n'en doutez pas, ceci est une grande force.
Vous êtes également porté par votre recherche de perfection, ainsi que votre délicatesse et votre sensibilité dans l'analyse des situations.
Vous pouvez en ce moment vous appuyer sur votre intelligence émotionelle, votre transparence et votre capacité à soutenir et aider chacun, mais également sur votre créativité, votre intuition et votre imagination.

Une suggestion:

Pensez à vous fixer un objectif à atteindre qui vous soit personnel, qui ne soit en relation qu'avec vous même.
Donnez vous un projet ambitieux qui vous fasse avancer.

La couleur qui vous caractérise aujourd'hui :

Le bleu turquoise (d'où ce choix de couleur de police de caractère): Voici la couleur qui vous ressemble aujourd'hui.  

JOB-POLL : POUR QUELLE RAISON REFUSERIEZ-VOUS UN POSTE ? (2)

Comme promis, je vous livre un compte-rendu du job-poll: "Quelle raison vous pousserait à refuser un poste?". Une blog-note placée sous le signe de l’analyse, qui décryptera les concessions que les demandeurs d’emploi n’hésiteraient pas à faire pour occuper le poste tant attendu, mais aussi les points fondamentaux auxquels ils leur seraient impossible de déroger. Je tenais à remercier vivement les 38 participants, qui ont constitué ce panel et qui n’ont pas manqué d’argumenter avec efficacité pour animer et enrichir le débat.

« JE REFUSE UN POSTE »…CULPABILISER OU DECULPABILISER, TELLE EST LA QUESTION ?

Tout d’abord, je voulais revenir sur un point essentiel évoqué dans les commentaires : doit-on culpabiliser si on a l’audace de dire « Non merci, je préfère décliner votre offre ? ».

Face à cette décision, vous risquez de trouver dans votre entourage trois types d’individus et de réactions :

  • Les « compatissants », qui y verront un acte courageux et honnête de votre part : Leur empathie aura probablement été développée par une période professionnelle délicate, instable ou émotionnellement ingérable. Voulant délivrer un soutien sans faille, ils rétorqueront avec apitoiement : « Tu as bien fait de dire non, si tu ne le sentais pas ! ».
  • Les « offensés », qui crieront à l’outrage : Actifs et équilibrés dans leur carrière, ils sont fiers d’avoir gagné leur argent à la sueur de leur front ou de leur chemise. Abasourdis par un refus professionnel, ils risquent de s’exclamer : « Tu n’as pas l’impression de pousser le bouchon un peu trop loin Maurice ? ».
  • Les « neutres », qui préfère ne pas ouvertement donner leur avis. Ne souhaitant ni s’apitoyer, ni juger trop hâtivement, ils délivreront certainement un : « C’est toi qui voit ! ». Mais même si la volonté de ne pas influencer est louable, trop de neutralité pourrait bien leur nuire, en étant perçue comme un manque de franchise.

Mais quelle réaction est la « bonne » pour l’entourage : « Compatissant », « offensé », « neutre » ? En tant que demandeur d’emploi est-il plus doux d’écouter un « je te soutiens entièrement » ou de subir des secousses à vocation boosteuse ? Certes, nos proches ne doivent pas véhiculer de reproches perturbateurs et négatifs dans une période de non emploi, telle que la systématique assimilation au « difficile de service » ou au « normand » qui ne sait pas en définitive ce qu’il veut vraiment dans la vie. Mais je pense sincèrement que le principal est d’être en accord avec soi (un égoïsme nécessaire), peu importe les biens pensants, et que ce choix soit mûrement réfléchi, médité, pour ne pas ressentir ce fameux sentiment (nuisible et dévoreur) de culpabilité.

LE MOT CLE POUR APPATER LES FUTURS COLLABORATEURS : E-VO-LU-TION

Je rêve, tu rêves, nous rêvons tous d’une carrière ascendante : démarrer assistant dévoué pour un jour espérer obtenir plus de responsabilités et de dossiers sensibles, pouvoir mettre en exergue toutes nos compétences, nos envies, nos motivations. Evoluer professionnellement est un réel BESOIN: 21,05% d’entre vous ont cité l’impossibilité d’évoluer comme le motif premier qui vous ferait refuser un poste et, dans la même lignée, 7,89% ont évoqué la nécessité de ne pas cumuler de contrats trop précaires. Vision sur le long terme, goût du challenge pour obtenir une promotion, stabilité au sein de ladite entreprise, l’appât qui fait mordre le futur employé à coup sûr est la promesse d’évoluer au sein de la société. Messieurs les recruteurs, n’hésitez donc pas à parler futur et non pas uniquement présent le jour des entretiens, vous risquez d’augmenter votre pouvoir de séduction !

MOBILITE ET RESPONSABILITE : AH NON, CES TERMES NE FONT PAS FUIR…AU CONTRAIRE

Aucun votant n’a sélectionné « des responsabilités trop lourdes » et « des déplacements nationaux ou internationaux ». Preuve que l’investissement n’effraie pas, mais bien au contraire, motive. Ainsi il est difficilement concevable, pour 18,42% d’entre vous, d’assumer matin et soir des trajets domicile/entreprise trop longs ou fatigants, pour ne pas détériorer votre qualité de vie. Mais les voyages professionnels, avec un rattachement local, ne sont pas une source de refus. Donc oui, la plupart des demandeurs d’emploi sont mobiles occasionnellement, pour ceux qui en doutaient encore !

TROQUER SA ROBE D’AVOCAT CONTRE UNE BLOUSE BLANCHE : NON MERCI !