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« février 2007 | Accueil | avril 2007 »

TRIBUNE LIBRE...JE SUIS TOUTE OUIE !

3255768930Notre Mademoiselle sommeil, Julie pour les intimes, m'a soufflé dans son dernier commentaire une idée fort intéressante : vous laisser une note "espace libre", où chacun d'entre vous, bloggers fidèles, lecteurs d'un jour ou amis qui s'égarent sur les chemins de la blogosphère, pourrait abandonner son imagination et sa plume (ou plutôt ses doigts piannotant) en me (et nous) livrant des coups de coeur, des nouvelles à ne pas manquer, des grognements face à un fait qui vous a fait enrager, des p'tits mots doux et tendres...ou des plus acides suivant votre humeur, des questions que vous avez toujours voulu me poser sans jamais oser le demander...bref place à la libre parole, à l'imagination, à l'improvisation. Le blog "Market Stories" reprend le temps de ce billet ouvert son rôle premier: une plateforme d'échanges, de rencontres par les mots, quelque soit le thème abordé, du toujours touchant "coucou et à très vite", par un simple geste rapide de la souris, à un "je tenais absolument à vous parler de...", plus bavard, prolifique et porteur de débat. Alors pour introduire cette libre tribune, je vais me permettre de lancer un premier commentaire et j'attends avec impatience de lire les vôtres !

PAUSE BLOGGING

Pour les 4 semaines à venir, "Market stories" va se faire plus discret, car une nouvelle aventure professionnelle risque de m'éloigner de ma (désormais vitale) connexion Internet. Mais si vous passez sur ce blog, ne partez pas pour autant. N'hésitez pas à lire ou relire certains billets et pourquoi pas, si vous en avez l'envie, à commenter avec un oeil neuf d'anciens écrits, qui ont vécu et mûri.

Je tenais aussi à vous préciser (surtout pour les Indriens), que la CastelBlog 2 aura lieu le 6 avril à l'Escalier, bar à tapas plein centre Châteauroux, à 20h. En guise de visuel, je vous laisse découvrir la bannière de Ben, créée spécialement pour l'occasion. A très vite !

CastelBlog 2

ME-WE GENERATION ET PAS OUI-OUI GENERATION

Images_2_1Je suis née au début des années 80, j’ai rapidement fait ami-ami avec deux écrans, nommés télé et PC, qui m’ont ouvert les portes du Monde, avec le M majuscule de l’international. Je fais partie de la génération Y, des Millenials, des velos, des écho boomers, des Moi-Nous ou des MeWe si l’on exploite à son sommet le franglais : langue d’usage courante pour cette fameuse classe des 15-33 ans, à laquelle j’appartiens, et qui arrive assurée, avec le terme « réseau » comme cheval de bataille, pour remplacer les désormais papy-boomers, qui pensent déjà retraite ensoleillée au Maroc ou pêche méditative au bord d’une rivière isolée.

Déstabilisante pour les recruteurs et les employeurs, notre génération bouleverse les règles établies et prône le changement. De quoi exaspérer les traditionnalistes, qui clament l’impolitesse et le manque de respect de ces « d’jeuns », mais de quoi ravir les plus visionnaires, qui entrevoient déjà un passage de flambeau plein de promesses et de positivisme entre les baby et les écho boomers. Pour mieux cerner et comprendre ma propre tribu (car même un Y peut s’y perdre), j’ai établi un tableau récapitulatif, reprenant les atouts et les faiblesses des Moi-Nous (extraits de mon expérience personnelle et de divers liens piochés sur le Web, que vous pouvez consulter en fin de billet), qui viennent de franchir ou franchiront dans les années à venir les portes du marché de l’emploi :

LES « RESSOURCES » DES MOI-NOUS

LES « TRAVERS » DES MOI-NOUS

- Le travail d’équipe les stimule

- Ils pensent communauté et non pas individualisme

- Ils ont besoin de donner et de recevoir

- Les structures hiérarchiques classiques et trop rigides ne leur correspondent pas : ils aiment le statut horizontal et parler d’égal à égal

- Ils sont plus instruits et curieux que les générations précédentes

- Ils sont très pointus en termes de nouvelles technologies et apprécient le dynamisme qui y est associé

- Ils sont gourmands et demandeurs

- Ils sont ouverts à la diversité, à la confrontation d’idées pour avancer : ils pensent au pluriel

- Ils sont zappeurs, « consommateurs d’expérience », souhaitent tout essayer

- Ils vivent dans l’immédiat : leur mode de vie se veut rapide et mouvant

- Ils veulent évoluer professionnellement rapidement

- Ils n’acceptent pas de sacrifier leur vie privée pour leur carrière

- Ils attendent de bonnes conditions de travail : souplesse des horaires, possibilité de travailler à temps partiel, de prendre un congé sabbatique, formation…

- Ils sont sûrs d’eux

- Ils sont pragmatiques et prennent en compte la notion de compétence et non pas d’ancienneté

- Ils ont besoin de la reconnaissance de leurs supérieurs

- Ils ont été trop cajolés et maternés, ce qui entraîne une forme d’impolitesse, d’égocentrisme, d’irresponsabilité et un manque de respect

- Ils sont loyaux envers leurs collègues

- Ils ne sont pas loyaux envers leur entreprise et ne pensent plus « un poste = une vie »

- Ils glorifient la liberté d’expression

- Ils manquent d’engagement politique

Attributes_3Les caractéristiques décrites dans ce tableau ne sont bien évidemment pas applicables à tous les Moi-Nous (je ne me reconnais pas dans tous les points exposés, rassurez-vous), certains adjectifs et descriptifs sont trop stéréotypés à mon goût (messieurs et mesdames les recruteurs, tous les écho boomers n’arrivent pas systématiquement en retard à un rendez-vous par exemple !), mais je crois définitivement que le mode opérant commun à notre génération est le changement. Edward Winter, du groupe U30, l’a bien déclaré : « Voyez la comme un petit groupe tranquille qui s’apprête à tout changer ». Attention, ça va faire mal…enfin dans une certaine mesure, car vous avez pu remarquer que les contradictions sont nombreuses. Génération du changement, certes, et aussi génération du « mais ». Ils souhaitent réussir promptement et s’épanouir professionnellement, MAIS ils ont bien l’intention de donner la part belle à leur vie personnelle. Ils sont confiants et autonomes dès leur début de carrière, MAIS ils ont besoin de validation et d’approbation de la part de leurs supérieurs. Une série de paradoxes et d’incohérences née d’une éducation et d’un environnement socio-éco-culturel, que l’on peut résumer par la tendance ESPOIR d’Alain Lévesque :

  • E conomie : ils sont nés en période de récession, de restructurations et sont donc méfiants face aux institutions
  • S ocialisation : ils restent dans le cocon familial plus longtemps et créent des liens sociaux via le Web ou au cours de voyages dans le monde d’entier
  • P ondération : ils souhaitent une vie équilibrée entre les trois branches travail/famille/loisirs
  • O rphelin : ils sont issus de famille monoparentale ou recomposée et ont donc gagné en autonomie malgré une tendance à être trop gâtée (syndrome de l’enfant roi)
  • I nformation : Ils sont curieux, aiment apprendre, partager leur expérience et vivent sans complexe avec la richesse proposée par tous les canaux de communication (télévision, Internet…)
  • R apidité : Ils sont mouvants et apprécient que le retour sur action soit rapide

Images_3Vous qui êtes nés entre 1974 et 1992, vous reconnaissez-vous dans ce portrait ? Avez-vous un sentiment d’appartenance à cette tribu ? Et vous, membres de la génération X, trouvez-vous qu’il existe vraiment un fossé entre votre vision du marché de l’emploi et celle des écho boomers ? Pensez-vous que les Y vont vraiment tout révolutionner dans le monde professionnel ?

Pour en savoir plus, vous pouvez cliquer sur :

A LA RENCONTRE DES "AMI-NONYMES"

4213304449Ces derniers temps, les sollicitations arrivent de toute part dans ma boîte mail pour participer à des réunions de bloggeurs. Et quasi-systématiquement et à mon grand regret, je suis obligée de décliner les invitations (avec une ou deux exceptions tout de même pour démantibuler l’automatisme de cette règle frustrante, mais trop rares à mon goût), à cause des kilomètres qui me séparent de Paris la Belle et de toutes les contraintes « financiero-organisationnelles » que cela implique. Monde cruel quand tu me tiens…et que tu fais fie de ma curiosité…tu as tendance à m’exaspérer, saches-le bien !

Mais pourquoi tellement « d’ami-nonymes » (contraction d’amis et anonymes, encore non approuvée par le Petit Robert…mais ça ne saurait tarder, j’y travaille !) souhaitent rompre ce monde de l’incognito virtuel ? Je vous livre quelques raisons (que je soumets tout de même aux points d’interrogations, ne pouvant affirmer mes dires avec assurance) :

  • Simple curiosité et envie indiscrète de voir des bouilles, aux mimiques marquées et marquantes, car lassé de ces clichés figés qui se dressent à côté des commentaires ?
  • Nécessité de placer un timbre de voix sur des mots, pour quelque part matérialiser l’existence de correspondants épistolaires : la concrétisation d’une plume en un corps, en quelques sortes, pour rompre avec cette déstabilisante virtualité?
  • Besoin d’approfondir des liens blogosphériques, devenus trop superficiels ou restrictifs, et d’étendre les sujets de conversations hors des barrières personnelles que chaque bloggeur se fixe : entrer dans l’intimité pour légitimer ce tutoiement imposé d’entrée de jeu ?
  • Tentation à double tranchant de se confronter de plein fouet à la réalité, avec un risque de briser le piédestal sur lequel on avait inconsciemment placé certains bloggeurs ou au contraire de le consolider pour laisser la magie de l’amitié opérer ?

3489164101_1Mais comment naît ce besoin, cette volonté, cette curiosité qui conduit à une rencontre live ? Comme deux futurs amants, qui peuvent remercier les dieux « Meetic » de la douce coïncidence qui a aiguillé leurs fiches pour qu’elles se croisent au feu « je cherche l’âme sœur », les bloggeurs doivent également rendre grâce aux déités « MyBlogLog » et autres « Ziki » d’être ainsi arrivés (hagards ou d’emblée convaincus) sur leurs carnets virtuels respectifs. Couples « Meetic » et bloggeurs « mystiques » ont en effet de nombreux points communs pré-rencontre. Ils traversent, selon moi, des phases similaires. Jugez plutôt :

  • Premier contact via une trace écrite laissée sur un blog qui donne suite à un échange de bon procédé, c'est-à-dire une visite en retour courtoise : il s’agit de l’étape d’approche (les deux partis ont fait connaissance et viennent de franchir avec succès l’escale obligatoire «Je découvre ton blog avec bonheur et ne vais pas manquer de revenir m’y égarer »)
  • Les billets se croisent, se ressemblent…ou pas, mais les visites deviennent régulières, les commentaires prolifiques et l’abonnement aux fils de discussion devient justifié : il s’agit de l’étape d’accoutumance (les deux camps placent dans leurs favoris les adresses de leurs blogs, de véritables liens commencent à se nouer et transparaissent au fil des commentaires, avec davantage de personnalisation, de clins d’œil, des « amitiés », « bises », « bonne soirée » qui viennent ponctuer les échanges)
  • Le mail puis les messageries instantanées viennent compléter les blogs, plateformes devenues trop « publiques » pour pouvoir dialoguer en profondeur et lâcher (avec raison et vertige) quelques confidences : il s’agit de l’étape de confessions ultimes (et intimes aussi, mais je ne souhaitais pas plagier les émissions voyeuristes de TF1 ;)) (le voile est enfin levé sur les situations personnelles et professionnelles de chacun, les questions pleuvent pour mieux cerner la personnalité de l’autre et les numéros de portables sont troqués, histoire de se « sms-er » à tout-va)
  • Le jour J de la « blog rencontre » est enfin fixé, dans un lieu cosy de préférence, pour faciliter le passage abrupt entre écran lumineux et entrevue en face à face. Amitié naissante, attirance intellectuelle, déception due à une idéalisation ou à une image surfaite de l’autre bloggeur : tout comme avec « Meetic », les « chics » et les « hics » peuvent être indifféremment au rendez-vous. Il faut simplement laisser œuvrer les tours de passe-passe de « monsieur le monde réel » et voir si les affinités virtuelles peuvent aboutir à une relation, à proprement dite, même si le dynamisme des échanges virtuels laissaient présager de bons augures.

Bannire_ellie_1Pour ma part, je vais bientôt faire mon baptême de « blog meeting » (espérons que le bizutage soit bon enfant !), en participant à la deuxième édition de la « CastelBlog » : rencontre « amico-gastronomique » (parce que j’ai cru comprendre qu’une certaine mousse au chocolat était au cœur de l’histoire) des bloggers Indriens. Le lieu et la date sont encore en pourparlers (groupe de bloggers cherche désespérément resto emblématique et abordable pour discussion sans fin…avis à tous les détenteurs d’une bonne adresse locale !), si vous êtes castelroussin ou habitant une ville avoisinante, n’hésitez pas à vous rendre sur le blog d’Ellie pour signaler un agréable « je suis des vôtres ». Une bannière est en cours de réalisation pour promouvoir cet évènement (parce que Paname n’a pas le monopole de la « blogging attitude », tenez-le pour dit !), je reviendrais donc vous exposer plus en détails cette fête du blogging en région, dans un prochain billet.

EL « PINKO » AU POUVOIR ?

PinkomarketingEl « Pinko », le rose bonbon tendresse ou fushia tonique (selon les goûts et couleurs de chacun), arrive enfin sur « Market Stories ». Alors, non, il ne s’agit pas d’un nouveau cyclone qui balaye avec pertes et fracas végétations et édifications humaines, mais plutôt d’un nouveau courant marketing qui tend à terrasser le marketer « pantouflard » pour le faire entrer dans l’ère du 2.0.

En toute honnêteté, j’ai longuement hésité avant « d’oser » parler « d’el Pinko » (car Web 2.0, buzz ou influenceur deviennent des termes surconsommés, qui me font frôler l’indigestion), mais j’ai bassement cédé à la pression, puisque qu’il commence à s’installer durablement et vient même bousculer assez sévèrement « les vieux de la vieille », bien emmitouflés dans leurs combinaisons de marketeurs (achetées auprès de Kotler, Lendrevie ou Jean-Marie Dru…de grands théoriciens dont il ne faut pas remettre en cause les règles et les philosophies…mais auxquelles il suffit de greffer des concepts plus modernes liés aux principes de groupes et de bouche-à-oreille), qui se plaisent et se complaisent dans des stratégies marketing datant de ces 40 dernières années.

En des termes simples, les deux objectifs du « Pinko marketing » sont de :

  • Redonner sa véritable place au responsable marketing au sein de son entreprise : Le directeur marketing joue parfois le rôle de chef commercial (les dirigeants de société ayant associés négligemment deux activités complémentaires mais en rien similaires). Une fonction additionnelle qui l’oblige à penser ventes, chiffres, objectifs à atteindre…autant dire des notions quantifiables et très concrètes, qui le contraignent à se fixer le but suivant : « Il faut vendre davantage ». Alors que son métier de base devrait le conduire à s’interroger : « Comment mieux vendre ? » « Pourquoi cette nouvelle ligne démarre péniblement ? », « Quelles vont être les réactions des consommateurs face à ce nouveau service ? »…
  • Lui faire prendre en compte la notion de communauté : Le responsable marketing doit désormais compter de nouveaux outils dans la mise en place de campagnes (comme les blogs, le marketing viral…) qui viendront soutenir les traditionnels publicités papier et autres communiqués de presse. Le marketing pense alors collaboration, projets participatifs et prend en compte que le client, en plus de consommer, est désormais acteur et « conditionneur », puisqu’il influence en communiquant son avis à un groupe, potentiellement futur acheteur.

Cette nouvelle approche du marketing est née en 2006 et sa mère n’est autre que Tara Hunt, autrement dit une femme qui s’infiltre parmi les grands idéologues et économistes pour soumettre ses idées innovantes (un « chouia » risqué n’est-ce pas face à l’entêtement de certains traditionnalistes !). Pour synthétiser sa vision novatrice, je vous ai mis à disposition, ci-dessous, un tableau (en provenance du blog Voxinablog), qui, par une démonstration avant/après (comparaison du marketeur ancienne génération et du marketeur 2.0), nous dévoile les agissements et nouveaux mécanismes du « Pinko marketer » (ce schéma est dans sa langue d’origine, désolée pour les frileux qui manient mal la langue de Shakespeare, mais si vous avez besoin d’un éclaircissement, laissez-moi un commentaire).

                       Tableau_comparatif_1

Le « Pinko marketing » suit donc le sillon du web 2.0 et tend vers la même évolution. Comme nous le montre le schéma suivant : l’opinion individuelle et le collaboratif sont davantage pris en compte et le marketing ne vient plus diffuser un message de masse, totalement maîtrisé, mais le message naît au contraire de conversations et se veut nettement moins pesant et plus naturel. Un mapping que je trouve très parlant et extrêmement bien pensé (traduit en français et tout droit venu du blog Saumande.net). Mes quelques compagnons de fac, qui s’égareront sur ce blog, me reconnaîtront bien là, vouant un « quasi » véritable culte à MacKinsey et à sa matrice, durant les cours de management et marketing interculturel. ;-)

             Mapping_pinko_mkg_1

Alors, selon vous, le « Pinko marketing » va-t-il révolutionner (à sa façon) le marketing « traditionnel » ? Est-ce une simple pratique en vogue ou un nouveau mode de penser ?

Pour me soumettre votre avis sur cette nouvelle vision du marketing, qui « fait voir la vie en rose » aux aficionados du 2.0, je vous invite à aller consulter :

  • Le manifeste du « Pinko marketing » : ici ou (en version française)
  • Le manifeste des évidences : ici

LES BLOGGERS DE L’EXTREME : FUTURS NO-LIFE ?

Densha1Hasard ou coïncidence, le terme « no-life » ne cesse de s’insinuer dans ma vie ces derniers jours. Il se glisse dans un débat de Jean-Luc Delarue (malgré ses récents esclandres aériens, j’apprécie tout de même que mes secondes parties de soirée télévisées se transforment en tables rondes arbitrées par ce « faux gendre idéal »), dans mes lectures (« Densha Otoko », un shonen de Hara Hidenori, dont mes impressions post-découverte sont consultables ici) ou dans mes conversations blogosphériques (conséquence du dernier et excellent post de Juliette : « L’œil de la ménagère : la blogosphère, un nouveau Loft ? »).

Le no-life, même si on applique généralement ce terme à des « drogués » de jeux de rôle ou de jeux en réseau, désigne un addict, un accro, qui se retrouve prisonnier de sa passion. Passion qui se transforme en activité « bouffe-temps » et surtout en activité « bouffe-vie », car exclusive et corollairement désocialisante.  Mais le blogging est un hobby chronophage également…alors, il m’est venu en tête une idée saugrenue : le blogger de l’extrême, le scotché à son PC qui rédige plus vite que son ombre et traque avec zèle les nouveaux visiteurs, peut-il devenir un no-life, ou tout du moins, subir avec pénibilité certaines conséquences qui découlent de ce mal virtuel ?

                                           No_life

Je vais donc vous tracer le portrait d’un « extrem blogger » (aux angles volontairement grossis et quelque peu stéréotypés pour tenter d’ironiser tout en invitant à la réflexion) :

Son premier geste matinal n’est ni d’embrasser son conjoint qui s’éveille amèrement à ses côtés, ni de déclencher la cafetière pour tremper ses tartines à la confiture dans un petit noir frais du jour (d’ailleurs le mot « manger » semble s’être enfui de son vocabulaire), mais bien d’allumer son ami le plus cher, son fidèle et loyal destrier, j’ai nommé…son PC. Ses paupières encore alourdies par une dose insuffisante de sommeil (et oui, la veille au soir, ses promenades nocturnes dans le monde sans fin de la blogosphère l’ont conduit à ne poser sa tête sur l’oreiller qu’à 3 heures du matin), il scrute son Netvibes. A la simple vue de cette page d’accueil, son œil s’éclaire et sa pupille se dilate, sous l’effet hypnotique d’une boite mail débordant de messages de ses lecteurs assidus et de flux RSS qui indiquent une arrivée massive de nouveaux posts non lus. Entre la rédaction de billets pour son propre carnet virtuel, les commentaires laissés aux grès de ses pérégrinations (et sont également pris en compte les bavardages tout à fait intéressés qu’il glisse de ci de là chez les barons du Net pour augmenter son capital sympathie), le contrôle de ses statistiques et du jargon pimenté (voire scabreux) de Monsieur Google qui lui a ainsi permis de capturer dans ses filets de nouveaux visiteurs,  les widgets et autres gadgets nécessaires à son rang de « blogger tendance », les heures défilent sans qu’il n’ait levé un instant le nez de son précieux ordinateur. Sur son répondeur, sur son profil de messagerie instantanée, une seul formule : « Ne pas déranger, je bloggue ! » et l’on pourrait rajouter « Je ne peux pas décrocher, désolé ! ».

Alors bien sûr, cette pathologie n’est pas sans conséquence sur sa santé physique, mentale et sur sa vie sociale, qui se retrouve quasiment réduite au néant (puisque ses amis de la « real life » ont été remplacés par des pseudos, des anonymes, qu’il juge plus présents, disponibles que ces anciens compagnons de route). Son entourage proche s’évertuera à le nommer encore par son prénom de naissance, alors que son oreille ne réagit plus qu’à son surnom virtuel. Car oui, d’une certaine manière, le blogging l’a fait renaître. Hormis un avatar et un pseudonyme, le blogger n’est en rien obligé de dévoiler les aspects (qu’il juge) insignifiants et quelconques dans son existence, il peut redémarrer à zéro, s’inventer une nouvelle peau, devenir l’extraverti de la blogosphère alors qu’une timidité ravageuse lui sape ses rentrées scolaires depuis son plus jeune âge. L’extérieur (comprenez toute parcelle éloignée de plus d’un mètre de son PC) lui semble un univers inintéressant. La cuisine, la salle de bain deviennent des pièces bannies, car le détournant de son unique passion : son blog. Son hygiène de vie est alors mise en péril, avec une douche quotidienne devenue hebdomadaire et des repas déséquilibrés, pris de manière négligés, devant cet écran ensorcelant. «  L’extrem blogger » souffre généralement d’un manque de confiance ou d’une image plutôt négative de lui ou de son évolution dans la « real life ». C’est pourquoi, dans cet univers virtuel, il va tenter de compter parmi les « influenceurs », le gratin de la blogosphère, pour être respecté et obtenir une véritable reconnaissance qu’il ne possède pas (ou plus) dans notre société. Car même si ses amis disparaissent progressivement, dans cette seconde vie virtuelle, la notion de groupe ne lui est pas pour autant inconnue. Il est rattaché à une communauté: groupe des cuistots en ligne, clan des blogs girly, phratrie des blogemplois…Alors, oui, il crée des liens, le coupant de cet isolement malsain, mais ces liens restent virtuels et donc quelque part trop artificiels.

Chat_blogJe vais stopper là mon portrait (assez explicite), être raisonnable et ne pas pousser « l’extrem blogger » à son paroxysme. Paroxysme qui irait jusqu’à l’image d’un hikikomori, le no-life japonais, qui cumule les ordures dans sa chambre (ses quelques sorties étant devenues mensuelles) et dont la « non-vie » est considérée au pays du soleil levant comme « une alternative au suicide ». Restons plutôt occidental, en limitant la démesure. Croyez-vous que cette description (que j’ai volontairement tournée en dérision) peut s’avérer inquiétante ? Le blogging peut-il remplacer les jeux en réseau, de type WarCraft, dans cette descente aux enfers que représente la no-life ? Sous des aspects extérieurs de partage, de solidarité et d’appel au débat, le blogging cache-t-il une face plus sombre, un côté obscure, néfaste, nocif et polluant ?

Nolifetv_logo Pour conclure, je tenais juste à vous signaler la naissance le 18 mars prochain de la chaîne « Nolife », dont le slogan est quelque peu dérangeant : « Y a pas que la vraie vie dans la vie »…je vous laisse seul juge.

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