Comme promis, je vous livre un compte-rendu du job-poll: "Quelle raison vous pousserait à refuser un poste?". Une blog-note placée sous le signe de l’analyse, qui décryptera les concessions que les demandeurs d’emploi n’hésiteraient pas à faire pour occuper le poste tant attendu, mais aussi les points fondamentaux auxquels ils leur seraient impossible de déroger. Je tenais à remercier vivement les 38 participants, qui ont constitué ce panel et qui n’ont pas manqué d’argumenter avec efficacité pour animer et enrichir le débat.
« JE REFUSE UN POSTE »…CULPABILISER OU DECULPABILISER, TELLE EST LA QUESTION ?
Tout d’abord, je voulais revenir sur un point essentiel évoqué dans les commentaires : doit-on culpabiliser si on a l’audace de dire « Non merci, je préfère décliner votre offre ? ».
Face à cette décision, vous risquez de trouver dans votre entourage trois types d’individus et de réactions :
- Les « compatissants », qui y verront un acte courageux et honnête de votre part : Leur empathie aura probablement été développée par une période professionnelle délicate, instable ou émotionnellement ingérable. Voulant délivrer un soutien sans faille, ils rétorqueront avec apitoiement : « Tu as bien fait de dire non, si tu ne le sentais pas ! ».
- Les « offensés », qui crieront à l’outrage : Actifs et équilibrés dans leur carrière, ils sont fiers d’avoir gagné leur argent à la sueur de leur front ou de leur chemise. Abasourdis par un refus professionnel, ils risquent de s’exclamer : « Tu n’as pas l’impression de pousser le bouchon un peu trop loin Maurice ? ».
- Les « neutres », qui préfère ne pas ouvertement donner leur avis. Ne souhaitant ni s’apitoyer, ni juger trop hâtivement, ils délivreront certainement un : « C’est toi qui voit ! ». Mais même si la volonté de ne pas influencer est louable, trop de neutralité pourrait bien leur nuire, en étant perçue comme un manque de franchise.
Mais quelle réaction est la « bonne » pour l’entourage : « Compatissant », « offensé », « neutre » ? En tant que demandeur d’emploi est-il plus doux d’écouter un « je te soutiens entièrement » ou de subir des secousses à vocation boosteuse ? Certes, nos proches ne doivent pas véhiculer de reproches perturbateurs et négatifs dans une période de non emploi, telle que la systématique assimilation au « difficile de service » ou au « normand » qui ne sait pas en définitive ce qu’il veut vraiment dans la vie. Mais je pense sincèrement que le principal est d’être en accord avec soi (un égoïsme nécessaire), peu importe les biens pensants, et que ce choix soit mûrement réfléchi, médité, pour ne pas ressentir ce fameux sentiment (nuisible et dévoreur) de culpabilité.
LE MOT CLE POUR APPATER LES FUTURS COLLABORATEURS : E-VO-LU-TION
Je rêve, tu rêves, nous rêvons tous d’une carrière ascendante : démarrer assistant dévoué pour un jour espérer obtenir plus de responsabilités et de dossiers sensibles, pouvoir mettre en exergue toutes nos compétences, nos envies, nos motivations. Evoluer professionnellement est un réel BESOIN: 21,05% d’entre vous ont cité l’impossibilité d’évoluer comme le motif premier qui vous ferait refuser un poste et, dans la même lignée, 7,89% ont évoqué la nécessité de ne pas cumuler de contrats trop précaires. Vision sur le long terme, goût du challenge pour obtenir une promotion, stabilité au sein de ladite entreprise, l’appât qui fait mordre le futur employé à coup sûr est la promesse d’évoluer au sein de la société. Messieurs les recruteurs, n’hésitez donc pas à parler futur et non pas uniquement présent le jour des entretiens, vous risquez d’augmenter votre pouvoir de séduction !
MOBILITE ET RESPONSABILITE : AH NON, CES TERMES NE FONT PAS FUIR…AU CONTRAIRE
Aucun votant n’a sélectionné « des responsabilités trop lourdes » et « des déplacements nationaux ou internationaux ». Preuve que l’investissement n’effraie pas, mais bien au contraire, motive. Ainsi il est difficilement concevable, pour 18,42% d’entre vous, d’assumer matin et soir des trajets domicile/entreprise trop longs ou fatigants, pour ne pas détériorer votre qualité de vie. Mais les voyages professionnels, avec un rattachement local, ne sont pas une source de refus. Donc oui, la plupart des demandeurs d’emploi sont mobiles occasionnellement, pour ceux qui en doutaient encore !
TROQUER SA ROBE D’AVOCAT CONTRE UNE BLOUSE BLANCHE : NON MERCI !
18,42% d’entre vous refuserait un poste pour cause de missions trop éloignées de vos compétences de base. Il va sans nul doute que le chercheur d’emploi s’appuie sur cette déduction logique : « J’ai poursuivi des études, j’ai été formé durant plusieurs années pour être performant dans un domaine précis, alors pourquoi accepter un poste, qui ne répond pas (un minimum) à mes acquis et, a fortiori, à mes centres d’intérêts professionnels ». Opter pour un emploi « gagne pain » (solution temporaire de « survie » financière) est une chose, mais sélectionner un poste qui marquera au fer rouge sa carrière en est une autre, d’où ce désir d’adéquation entre missions et formations ou précédentes expériences professionnelles.
L’HARMONIE PARFAITE : UNE QUALITE DE VIE ET DE TRAVAIL
Une bonne ambiance et un métier qui n’empiète pas trop abondamment sur la vie personnelle : les deux préoccupations contemporaines, qui font qu’il est agréable d’œuvrer. Un travail d’équipe harmonieux, des supérieurs sachant manager avec diplomatie et fermeté à juste dose, une ligne de conduite précise pour arriver à combler les besoins de l’entreprise, des horaires plus souples pour être efficace et pleinement concentré sur ses tâches : voici quelques-uns des arguments qui font briller les yeux des demandeurs quand on leur parle de l’emploi de leur rêve. Au lieu de voir défiler des euros dans leurs iris, telle une machine à sous emballé sous le poids du jackpot, apparaît aujourd’hui, en lettres capitales, le terme QUA-LI-TE, pour vivre son emploi au quotidien plutôt que de le subir.
Pour les plus curieux et les jusqu’au-boutistes, je vous livre le détail de ce mini job-poll (vous pouvez cliquer sur le grahique si vous souhaitez l'agrandir), en vous remerciant à nouveau pour votre participation nombreuse et votre implication. Et à très vite pour un prochain « A vous la parole ! ».
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